WORKSHOP AUTOUR DE LA STRATEGIE DE LA TAUPE

2005

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PRÉSENTATION

La compagnie Pascoli a été invitée par le Body Phase Studio/Guling Theater du 2 au 21 décembre 2005 pour une projet de rencontre/atelier et de diffusion de la chorégraphie « La Stratégie de la Taupe », créée en 2000. Cette chorégraphie basée sur l'aveuglement des danseurs a fait l'objet d'un travail particulier qui est à l'origine du projet developpé à Taïwan.

 

Il y a eu deux étapes à ce projet :

      1/ Création avec des danseurs amateurs aveugles taïwanais et présentation de travail à l'issue d'un workshop (3 danseurs de la compagnie sont investi dans la danse) au Guling Theater de Taipei.

      2/ Une performance dansée par la compagnie à l’Artist Village de Taipei.

 

Le workshop, dirigé par Anne-Marie Pascoli accompagnée de deux danseurs de la compagnie, a été mené avec 8 danseurs aveugles taiwanais. L’intensité de cette rencontre s’est réellement ressentie lors des performances publiques qui réunissaient les participants du workshop et les danseurs de la compagnie.

 

Projet de rencontres et d’échanges entre la Compagnie Pascoli et les chorégraphes Wang Molin et Emilie Hernandez

 

1/Proposition Compagnie Pascoli :

 

Rencontres et échanges entre la Compagnie Pascoli et les chorégraphes Wang Molin, directeur du Théâtre HuaShan à Taipei, et  Emilie Hernandez chorégraphe française en résidence dans ce même théâtre ainsi que le groupe de danseurs et comédiens non voyants engagés dans les projets artistiques de ces deux artistes.

Dans le cadre du Festival du 6ème sens à Taipei la compagnie présentera avec son équipe artistique « La stratégie de la Taupe » et proposera un temps de travail partagé où se rencontreront dans la pratique, les danseurs de la Compagnie, les danseurs et les comédiens non voyants, et les chorégraphes.

 

Cette rencontre est une belle aventure en perspective et n’est pas le fruit du hasard.

Avec « La stratégie de la Taupe », j’avais emmené  les danseurs et moi-même dans une exploration radicale sur l’intériorité du mouvement et sur la place du regard dans le rapport à sa propre danse et à celle qui se donne à voir. Proposer à des danseurs professionnels de se priver de la vue pour danser, puis présenter sur scène les danses nées de cette contrainte, nous à amener à biens des bouleversements dans nos habitudes de travail, notre rapport au corps de l’autre, et plus particulièrement au corps dansant, dans sa dimension de corps qui s’expose, se donne à voir. Quelle identité du corps hors la maîtrise qu’offre la vue, quel rapport au corps de l’autre, à l’image de cette danse qui nous traverse et qui s’offre dans sa grande nudité aux regards d’un public que l’on perçoit mais ne voit pas ?

Accepter de ne plus être ce corps glorieux que magnifie une danse maîtrisée, projetée ; s’absenter de toute séduction par les regards, accepter de se perdre dans l’espace scénique et se retrouver, emmener celui qui vous regarde dans la sérénité de cette acceptation car la relation est ailleurs ; dans le fragile, la puissance des corps entiers dans les prises de risque nécessaires au mouvement, l’honnêteté profonde de chaque geste, attitude, contact et l’immense liberté que nous avons progressivement gagnée au fil de ce travail, vers une danse d’une précision, sensibilité et d’une envergure que nous ne soupçonnions pas (Cf. dossier joint).

 

Cette forte expérience rencontre aujourd’hui celle que mène Emilie Hernandez avec des comédiens non voyants, en collaboration avec le chorégraphe taiwanais Wang Molin au sein de son théâtre, et qui a fait l’objet de plusieurs créations pour leur « Festival du 6ème sens ». Ici la démarche est inverse, aucun artifice ni contrainte imposée, puisque les danseurs sont non voyants, mais tout un travail pour aller dans la danse « à partir de là » (cf. dossier joint).

C’est bien sur ce même chemin que nos deux démarches se sont rencontrées, points de départ opposés qui convergent sur une même ligne et où réside tout l’intérêt de notre prochaine rencontre dans le travail commun que nous allons entreprendre : mêler nos expériences, nos pratiques, et augmenter ainsi une part du chemin déjà parcouru, mais ensemble. Nous allons ensemble, les chorégraphes, les danseurs professionnels, les artistes non voyants, français et taiwanais, partager pendant plusieurs jours, ce qui, au-delà de la diversité de nos cultures et enrichis de celles-ci, nous réunis ; une recherche et expérimentation de nos corps dansants dans l’au-delà du regard et du voir, un « faire ensemble » en prise directe du plus profond notre sentir, de notre « être».

 

 2/Proposition Emilie Hernandez / Body Phase Studio :

 

Comment expliquer que dans notre monde, il n’existe pratiquement aucune reconnaissance spirituelle et physique des aveugles sinon par la vocation efficace et fonctionnaliste de cette société.

 

Autrefois, au Japon et en Chine, les aveugles et malvoyants étaient considérés comme des intermédiaires entre les dieux et les hommes. Ils tiraient de l’obscurité signes et présages qui échappaient au sens des voyants.

Quel fil relie donc l’immensité des voyants à la minorité de ceux qui ont perdu la vue ?

 

Pourtant le processus d’une minorité amène si souvent à une accentuation des différences et, en France, les occasions pour un aveugle de s’initier à la danse restent rares et se passent le plus souvent entre aveugles.

 

Que devient donc l’immense richesse tactile, sensitive, la qualité du mouvement d’un interprète aveugle qui donne à lire ses sensations de l’intérieur. Peut-on accepter que cela ne reste que dans le cercle des instituts et se passe de contacts extérieurs et d’échangfes vivants ?

 

Etre présent auprès d’un aveugle, danser ensemble, faire soi-même l’expérience de l’obscurité est une chance de remettre en question notre corps et ses très anciens conditionnements pour faire jaillir l’énergie intime. Comme précieuses demeurent les intuitions naturelles du corps dans un monde saturé d’images…

 

Le but du stage est d’ouvrir un espace d’échange qui permette un pénétration mutuelle du monde des voyants et des non-voyants. Le stage n’est donc pas resserré à l’enseignement de la danse auprès des personnes aveugles, mais c’est une recherche autour de l’ombre salvatrice, de nos cécités et de la conscience de nos ressources cachées.

 

En créant trois lignes de travail, ateliers d’improvisation mêlant voyants et non-voyants, cours de danse contact pour danseurs aveugles et ateliers de recherche et de création avec des danseurs ayant les yeux clos, ces trois cours chemineront séparément mais pendant le stage des répétitions communes feront se mêler les trois groupes comme plusieurs matériaux se frottant les uns aux autres.

Leurs étincelles ouvriront peut être des impulsions futures. L’important reste que danseurs aveugles et non aveugles se connectent le plus intimement possible et que les énergies communiquent.

 

  

Résidence :

Worshop autour de la pièce chorégraphique "La Stratégie de la taupe"  - Taipei - Japon : Du 2 au 21 décembre 2005

Présentation public : 10 et 11 décembre 2005 au Guling Theater - Taïpei - Taïwan

 




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